Ca 1&2

  «Le charme n'opère que sur 1 cœur ouvert...» comme le chante si bien Zazie. Seulement, quand on n'est plus qu'à quelques minutes de la fin d'1 film qui traite de toutes sortes de phobies de manière plutôt inventive en terme d'horreur (1 bonne façon de dénoncer certaines choses), à commencer par l'homophobie, & que l'on entend dans la salle quelqu'1 crier... 1 insulte homophobe, on se dit qu'il y a encore du travail. C'est que certains semblent ne pas avoir compris que l'amour ne concerne pas que les couples, mais aussi les membres d'1 même famille ou, ici, les membres d'1 groupe d'amis. Amis que nous suivons tout au long de ces 2 films, disons... marquants!

  Les effets spéciaux, très réussis, contribuent à rendre les incarnations de la peur (celle de chaque personnage, enfant puis adulte, du «club des ratés») particulièrement réalistes, faisant oublier leur nature imaginaire. De ce fait, elles n'en sont que plus dérangeantes, & certaines sont juste cauchemardesques! Toutes sont matérialisées par Grippe-Sou, le ''Clown dansant''.

  Chaque rôle est très bien interprété, & les répliques humoristiques sont évidemment les bienvenues, mais ne sont que de courtes trêves dans ces récits de plus de 2 heures chargés en rebondissements, où les protagonistes risquent d'être littéralement dévorés par leur peur s'ils ne tentent rien pour la vaincre, au sens propre &, donc, au sens figuré. Rien de tel que 2 films d'horreur complémentaires pour aborder cette symbolique...

 

  Autant le 1° chapitre se focalise sur la préadolescence du ''club des ratés'' & sa rencontre mouvementée avec le clown, autant le 2° mêle passé & présent par le biais de flash-back incorporés à l'intrigue de façon à peine perceptible, avec 1 soin apporté aux détails assez affolant, la ressemblance entre les acteurs enfants & adultes aidant.

  Cette fois, il ne s'agit plus seulement de peur: c'est la mémoire des protagonistes qui devient centrale, car tous doivent se confronter plus ou moins facilement à des souvenirs peu réjouissants, pour espérer reprendre le dessus. Car ils se rendent vite compte que tout n'est pas réglé avec leur passé. D'abord chacun de son côté, puis ensemble. & comme on ne change pas 1 équipe qui gagne, les 2 films reprennent ce schéma, donnant à chaque protagoniste toute son importance, & aux 2 récits leur cohérence, & plus de profondeur. Mais il s'agit plus ici d'1 adaptation -& tout ce que ça implique en termes de prise de liberté, & de risques- que d'1 reconstitution des livres, où le format ''série'' serait alors plus approprié.

  Malheureusement, même si la fin du second film frôle la S.-F. pour donner 1 dimension universelle à la peur, l'histoire de l'entité qui la représente n'y est peut-être pas assez développée.

  Les plus grandes peurs des personnages dans le 1° chapitre donnent plus d'ampleur aux flash-back du 2°, & inversement. Ainsi, les 2 films se donnent littéralement la réplique, pour offrir aux héros comme aux spectateurs 1 voyage temporel jusqu'au ''cœur'' de la peur.

  Je ne suis personnellement pas débarrassée de toutes mes phobies pour autant, mais le charme a opéré...